Présidentielles 2017 par Claire Falson Roulier

Présidentielles 2017 par Claire Falson Roulier

Le programme Santé de l’entre-deux tours des présidentielles 2017

Les candidats du Front national et d'En Marche ! se sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle, le 7 mai prochain. Si leurs programmes santé poursuivent certains objectifs communs, il n’en demeure pas moins plusieurs points de divergence.

Qui sera le ou la 8e présidente de la 5e République ? Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle au soir du 23 avril 2017, avec respectivement 24,01% et 21,30% des suffrages exprimés.

Quels sont leurs programmes concernant l’assurance santé ? Si le sujet de la protection sociale, habituellement absent des campagnes présidentielles, s’est invité dans les joutes politiques début 2017 (la prise de position de François Fillon sur la division entre «petits» et «gros» risques n’y est pas étrangère), les principaux candidats ont toutefois défendu des positions assez proches.

Consensus sur le RSI

Sujet de consensus partagé par tous, et donc par M. Macron et Mme Le Pen : la suppression du régime social des indépendants (RSI), créé en 2006 et décrié depuis.
Marine Le Pen veut laisser le choix aux travailleurs indépendants de s’affilier au régime général ou de conserver leur spécificité au sein d’un RSI modifié par une «refonte totale», «qui fonctionnerait sur la base de l’auto-déclaration trimestrielle des revenus».

A ce «bouclier social pour les indépendants», déjà évoqué à droite (Bruno Le Maire utilisait cette expression en 2015), est opposée la notion d’un «guichet unique pour les indépendants» au sein du régime général, préconisation d’Emmanuel Macron. Il ajoute que «les exonérations et les réductions de cotisations dont bénéficient les indépendants seront préservées» : le différentiel de cotisations (et de prestations), de l’ordre de 30%, fait justement partie des arguments des dirigeants du RSI pour réaffirmer le besoin de spécificité des travailleurs indépendants…

Pressions sur les complémentaires santé

Emmanuel Macron fait également partie des nombreux candidats du premier tour à vouloir lutter contre les restes à charge. Il veut ainsi tendre vers un reste à charge nul sur l’optique, le dentaire et les audioprothèses, en s’attachant à responsabiliser les différents acteurs de cette chaîne (maîtrise des coûts de production, marges ténues…).

Comment financer cette mesure ? Sur les 16,3 milliards d’euros de dépenses de santé restant à la charge des Français (selon les comptes de la santé 2016 de la DREES), 2,4 sont liées au dentaire, 1,5 à l’optique et 0,4 aux audioprothèses – un coût total de 4,3 milliards rabaissé à horizon 2022 à 3,7 milliards par l’Institut de l’Entreprise. Emmanuel Macron met ainsi en avant la prévention, un objectif national de dépenses
d’assurance maladie (Ondam) relevé à 2,3% durant l’ensemble du quinquennat ainsi que, pour les complémentaires santé, l’introduction de trois contrats-type pour favoriser la concurrence.
Si Marine Le Pen s’est abstenu de se positionner sur cette question des restes à charge, elle a toutefois signalé vouloir «ne pas réduire la prise en charge des soins par l’Assurance maladie» - excluant donc a priori tout déremboursement. Elle a également souligné son opposition aux réseaux de soins, refusant que «les complémentaires s’immiscent à un tel niveau dans l’organisation du système de santé» - là où Emmanuel Macron se place en défaveur des seuls réseaux de soins fermés. Marine Le Pen s'est également prononcée en défaveur de la réforme des contrats de complémentaire santé responsables et de la publicité pour les complémentaires, en escomptant jusqu'à 8 milliards d'euros d'économies.

Le tiers payant évalue

Sur le système de santé, de manière plus générale, Marine Le Pen s’est également illustrée en voulant supprimer l’Aide médicale d’Etat (AME) et relever le numerus clausus du nombre de médecins (Emmanuel Macron s’est prononcé pour un élargissement), justifié ici «pour éviter le recours massif aux médecins étrangers». Elle a également remis en avant le sujet de la création d’un cinquième risque de Sécurité sociale consacré à la dépendance.

De son côté, Emmanuel Macron propose d’ouvrir la vente à l’unité des médicaments, le développement des «maisons de santé médicalisées» pour lutter contre la désertification médicale (volonté également partagée par Marine Le Pen). Il s’est également déclaré favorable à une évaluation de la réforme du tiers payant généralisé, mesure emblématique de la ministre de la Santé Marisol Touraine – une évaluation également demandée par Marine Le Pen, qui n’exclut pas de revenir dessus.

Les mutuelles étudiantes sont également dans le viseur des deux candidats, la position d'Emmanuel Macron ayant notamment été contestée par le réseau de mutuelles emeVia et la LMDE.

Dernière modification le samedi, 06 mai 2017 14:16